L’économie circulaire : concept à la mode ou réel engouement ?

économie verte

Depuis quelques années, nous entendons parler d’économie circulaire, de symbioses industrielles et de synergies territoriales. Mais est-ce un effet de mode ou bien ces concepts seront réellement appliqués afin de résoudre une partie des crises climatique et économique qui s’amorcent ?

Qu’est-ce que l’économie circulaire ?

L’Institut EDDEC et les membres du pôle d’économie circulaire définissent le concept comme étant un « système de production, d’échange et de consommation visant à optimiser l’utilisation des ressources à toutes les étapes du cycle de vie d’un bien ou d’un service, dans une logique circulaire, tout en réduisant l’empreinte environnementale et en contribuant au bien-être des individus et des collectivités » (2018).

Notre mode de consommation actuel dit « linéaire » est basé sur une production toujours plus importante de biens. Ce modèle ne tient pas compte des ressources limitées de notre planète. L’économie circulaire vise donc à utiliser nos ressources le plus efficacement possible. Le but est de sortir d’une production dite « du berceau au tombeau » en établissant des flux cycliques dans lesquels il n’y aurait aucune perte de ressource et d’énergie. Face à l’augmentation de la population mondiale et à une consommation toujours plus effrénée, ce nouveau paradigme semble faire son chemin.

L’économie circulaire est un terme parapluie qui regroupe :

  • l’éco-conception de produits qui favorise la recyclabilité, la réparation et la réutilisation, entre autres ;
  • l’écologie industrielle qui incite les organisations à optimiser leurs procédés et à interagir avec les autres entreprises pour échanger des matières ou de l’énergie ;
  • l’économie de fonctionnalité qui propose de vendre des services plutôt que des produits ;
  • et l’économie de partage qui encourage la mutualisation des biens.

Dans le monde

La symbiose de Kalundborg au Danemark est considérée comme le premier exemple concret de partage d’énergie et de matières. Depuis 1972, neuf compagnies privées et publiques participent à faire en sorte que les résidus des uns soient les ressources des autres. De nombreux pays travaillent dans le sens de l’économie circulaire en produisant des feuilles de route ou des réglementations pour en favoriser la mise en place. La Chine, l’usine du monde, s’y est également mise, notamment avec son parc industriel de Suzhou. Le pays est très actif depuis plus de dix ans maintenant pour réduire la pollution atmosphérique et sa consommation de ressources. À plus petite échelle, certaines villes tentent de se mobiliser dans ce domaine, notamment en évaluant les flux de matières entrantes et sortantes de leur territoire. Ceci représente la première étape de la mise en place des synergies.

Et le Québec dans tout cela ?

La province n’est pas en reste. Le gouvernement a soutenu et soutient encore de nombreuses initiatives dans différentes régions tant en recherche qu’en application terrain. Grâce à ces nombreux projets, un réseau d’économie circulaire s’est créé. Ceci permet d’échanger des informations et des façons de faire. Un travail de documentation et d’évaluation des synergies se fera petit à petit, permettant de mettre de l’avant un large éventail de possibilités.

Mais les défis sont encore nombreux ! Il est complexe de connaître les flux et gisements de matières à cause, entre autres, de la confidentialité des données. De plus, le montage financier compliqué de ces symbioses les rend peu pérennes dans le temps. Certains freins légaux persistent tels que la définition des matières résiduelles présente dans la Loi sur la qualité de l’environnement, pour ne citer que celle-ci.

Pour en apprendre davantage, un large éventail de sessions du Salon des TEQ 2020 touchera de près ou de loin à ce thème dont la session « Économie circulaire : après les réflexions, l’action » qui présentera des cas concrets qui sortent des chemins battus ou encore « L’économie circulaire, outil de l’économie verte » qui ciblera plus spécifiquement l’approvisionnement responsable.

Marion Audouin

Coordinatrice secteur Matières résiduelles, Réseau Environnement

LinkedIn

Références:

Institut EDDEC (2018) Économie circulaire. http://instituteddec.org/themes/economie-circulaire/#1478637761182-751a0bda-9db4 (page consultée le 16/01/2020)

Dou Shicong (2017). L’union fait la force. Économie circulaire : De l’or dans les déchets. https://www.lesaffaires.com/dossier/economie-circulaire-de-l-or-dans-les-dechets/l-union-fait-la-force/598254 (page consultée le 16/01/2020)

Kalundborg Symbiosis (n.d.) Explore the Kalundborg Symbiosis. http://www.symbiosis.dk/en/ (page consultée le 16/01/2020)

Angers, E. (2019) L’économie circulaire, un territoire à la fois. Vecteur Environnement. Septembre 2019, p.6.