Hoola One, une solution innovatrice pour lutter contre le microplastique

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Entrevue menée avec Samuel Duval, ingénieur mécanique et l’un des trois cofondateurs de la startup Hoola One Technologies.

Fléau pour la santé humaine, la faune et la flore, le microplastique se taille une place autant sur nos berges que dans l’actualité. En se focalisant sur la préservation des écosystèmes depuis 2017, Hoola One Technologies apporte une solution concrète à cette problématique environnementale qui s’étend à l’échelle mondiale et dont les impacts demeurent peu connus de la communauté scientifique.

Comment ça marche ?

Très sommairement, la technologie développée par Hoola One recueille le microplastique situé sur les plages grâce à l’aide d’un « aspirateur ». Par la suite, un système de filtration par flottabilité permet de trier les matières récoltées afin de rejeter le sable et l’eau utilisés dans le processus sur la plage.

Toujours en phase de recherche et de développement, la startup réfléchit encore aux façons dont elle peut améliorer son prototype qui se trouve actuellement sur la plage hawaïenne de Kamilo et est utilisé par leur partenaire local, l’organisme à but non lucratif Hawai’i Wildlife Fund.

Les objectifs de la startup québécoise demeurent de « réussir à créer une solution efficace, abordable et ayant un réel impact sur l’environnement », souligne Samuel. Plusieurs contraintes doivent être prises en considération lors du développement de la technologie, notamment la taille de la machine et la taille des particules de plastique à traiter. « Les particules ont la même taille — ou parfois elles sont encore plus petites — qu’un grain de sable. On devait trouver une solution originale et efficace pour les séparer des réels grains de sable. » Ils travaillent d’ailleurs actuellement à rendre la technologie encore plus performante et sensible à la conservation des écosystèmes des berges.

À qui s’adresse cette technologie ?

Le cofondateur lance la réflexion suivante : « à qui revient la responsabilité de gérer le microplastique ? » D’après lui, « [ce sont les municipalités et le gouvernement] qui devraient être responsables de nettoyer leurs plages. Et actuellement ce sont les OBNL qui le font. En théorie, ça ne devrait pas être aux OBNL de le faire. » Il est certainement temps que chaque partie prenante prenne ses responsabilités.

En s’adaptant au marché actuel, les ingénieurs prennent ainsi en considération les contraintes économiques des organismes dans la conception de leur technologie. « Le but c’est d’offrir une solution vraiment abordable pour que même les OBNL qui n’ont pas nécessairement beaucoup de moyens financiers puissent se procurer le produit », indique-t-il.

Avantages démontrés

Samuel nous indique que « 90 % du plastique se trouvant sur les berges se situe dans les quinze premiers centimètres de surface ». Bien que le système d’aspiration d’Hoola One permet d’aller plus en profondeur, « le besoin n’est pas nécessairement là », souligne Samuel.

Dans ces quinze centimètres, il se retrouve du plastique de toutes tailles, certes, mais aussi divers types de déchets côtiers ainsi que des bouts de bois, des coquillages, des coraux, etc. Le développement de la technologie doit alors prendre en considération la diversité des matières afin de pouvoir offrir une solution qui œuvre dans le respect des écosystèmes marins et terrestres.

À la suite de la collecte effectuée, le plastique récolté pourra être envoyé à des organisations partenaires afin de créer du biocarburant ou du plastique recyclé. Ce processus s’inscrit donc dans la dynamique d’une économie circulaire et durable.

À titre de conclusion, Samuel Duval maintient l’argument que la réelle solution à la problématique du microplastique est la sensibilisation et la conscientisation citoyenne face à notre consommation de plastique. «  Il faut régler le problème à la source et revoir notre rapport à ce matériel-là. »

Samuel Duval sera accompagné de son collègue Jean-David Lantagne afin de présenter leur conférence intitulée Hoola One : une technologie québécoise pour contrer la pollution plastique le 10 mars prochain à 10h30 dans le cadre du Salon des TEQ.